Biwa

Description

Le biwa est un luth à quatre cordes et quatre frettes d'une longueur d'environ 106 cm (42 pouces).

Biwa
Quatre frettes

Figure 1

NAKAMURA Kahoru La caisse de résonance du Biwa est mince et peu résonnante
Plectres du biwa

Figure 2

Bien que le biwa ait la même forme que sa contrepartie occidentale, il s'en différencie par sa caisse de résonance qui est mince, plate et très peu profonde. Le manche a quatre frettes, une frette par doigt de la main gauche, et comme le manche est très court la main gauche ne se déplace pas sur le manche. Les cordes sont pincées à l'aide d'un plectre de bois tenu dans la main droite.

Accordage

Nous utilisons la notation concert (au diapason) pour le biwa qui est accordé sur le la-430Hz. Ses cordes sont numérotées de la plus grave (1ière corde) à la plus aigüe (4ième). L'accordage des cordes varie selon le mode de la pièce. Les chevilles du biwa sont difficiles à tourner, ainsi accorder l'instrument requiert un certain temps.

Chevilles du biwa

Figure 3

NAKAMURA Kahoru, la musicienne avec laquelle nous avons travaillé nous a confié qu'elle utilise deux biwa qu'elle accorde avant le concert, lorsque celui-ci inclut des pièces de différents modes. La Figure 4 montre l'accordage du biwa pour les six modes japonais traditionnels. La première mesure montre les cordes ouvertes, alors que les mesures suivantes montrent les hauteurs assignées aux quatre doigts de la main gauche. Une seconde majeure sépare la hauteur d'une corde ouverte de la hauteur de la note accessible sur la première frette, alors qu'une seconde mineure sépare les hauteurs accessibles sur deux frettes adjacentes.

L'accordage du Biwa pour les six modes japonais traditionnels

Figure 4

Le corps du biwa à défaut d'opérer en tant que caisse de résonance, sert surtout et avant tout de table de réflexion sur laquelle le son rebondit pour être rapidement projetté vers l'avant. Ainsi, l'attaque du biwa est très nette mais sa résonance pratiquement inexistante, c'est pourquoi sa contribution peut être considérée comme étant plus rythmique qu'harmonique. Afin d'amplifier la sonorité de l'instrument, le joueur de biwa attaque rarement une seule corde mais plutôt des arpèges de 2, 3, ou même 4 notes, avec une note par corde. L'attaque d'un arpège commence toujours de la première corde en montée vers la dernière corde de l'arpège. La Figure 5 montre trois structures harmoniques: la première de deux notes (impliquant donc les première et deuxième cordes), trois notes et quatre notes dans le mode de Ichikotsu-chō.

Arpèges de 2, 3 et 4 notes

Figure 5

La Figure 6 montre l'analyse spectrale de la résonance du biwa jouant un arpège de quatre notes: à l'attaque et une seconde plus tard. Elle confirme qu'en deça d'une seconde son niveau de pression sonore est déjà sous le seuil d'audibilité.

À l'attaque
Une seconde plus tard

La résonance du biwa à l'attaque et une seconde plus tard.

Figure 6

Typiquement, les notes graves d'un arpège sont jouées sur les cordes ouvertes, ce qui permet d'exploiter le peu de résonance de l'instrument. La note la plus aigüe de l'arpège peut être soit doigtée ou jouée sur une corde ouverte. Une note doigtée parmi les notes les plus graves d'un arpège devra se faire sur la 4ième frette, parce que l'espace entre les cordes sur les trois premières frettes est si courte, qu'il est pratiquement impossible de doigter la première frette de la troisième corde, par exemple, sans étouffer la quatrième, tel que démontré à la Figure 7. Ainsi, l'interprétation d'accords comme ceux joués sur une guitare ne sont pas possible sur le biwa. En fait, il n'est pas coutume d'utiliser un structure harmonique exigeant plus d'une note doigtée.

Il est impossible de doigter une des trois cordes inférieures sur une des trois premières frettes sans causer de l'obstruction sur la corde supérieure.

Figure 7

Techniques d'interprétation traditionnelles

Kakubachi: Ceci est l'articulation habituellement utilisée. C'est l'exécution du grave à l'aigu d'un arpège commencant sur la première corde et s'arrêtant sur la 2ième, 3ième, ou 4ième corde, dépendamment si l'arpège contient respectivement 2, 3 ou 4 notes. Ce son est toujours fort.

Kaeshibachi: Exécution de l'aigu au grave d'un arpège commencant sur la -quatrième- corde et s'arrêtant sur la 3ième, 2ième ou 1ière corde dépendamment si l'arpège contient respectivement 2, 3 ou 4 notes. Ce son est toujours doux. La tenue du plectre est différente pour l'interprétation du kakubachi et du kaeshibachi, et ce changement de tenue nécessite invariablement quelques secondes de préparation.

Kakubachi in Ichikotsuchō Kaeshibachi in Ichikotsuchō

Waribachi: Balayage du grave vers l'aigu des quatre cordes divisé en deux groupes de deux notes. Chaque groupe peut inclure deux cordes ouvertes ou une corde ouverte et une corde doigtée. Typiquement, la durée de chaque groupe subdivise la mesure en deux durées égales.

Kakisukashi: Ceci est un arpège de trois ou quatre notes incluant deux notes à l'unison. Les options sont limités puisque cette technique implique une note doigtée, et qu'une note doigtée sur la deuxième ou troisième corde ne peut l'être que sur la quatrième frette afin d'éviter d'obstruer la corde adjacente supérieure.

Waribachi in Ichikotsuchō Kakisukashi in Ichikotsuchō

Hazusu: Ceci est une séquence de deux notes ou seule la première est attaquée, la deuxième étant seulement doigtée. Typiquement, la deuxième note est doigtée sur la même corde que la première note, une ou deux frettes plus bas. Traditionnellement, la durée des deux notes divise la mesure en deux durées égales.

Tataku: Cette technique est similaire au hazusu, à la différence que la note attaquée est suivie de deux notes non-attaquées. Typiquement la deuxième note sert soit de note de passage descendante ou de ton voisin grave à la troisième note.Typiquement, le rythme de ces trois notes est soit: courte-courte-longue, ou, longue-courte-courte.

Dans les deux cas, le son de notes non-attaquées est à peine perceptible lorsqu'interprétées avec l'orchestre. L'exception étant lorsque le hazusu ou tataku est joué sur la quatrième corde, dans ce cas, le musicien utilise l'auriculaire de sa main gauche pour réattaquer la corde. Ceci dit le niveau d'audibilité reste quand même très faible. C'est notre impression que ce geste permet au musicien de bien garder le rythme. Si on considére que le métronome dépasse rarement la noire à 54, et que l'attaque du biwa se limite au premier temps de chaque mesure, les mouvements de hazusu et/ou tataku en brisant la mesure en deux, permettent au musicien de rester avec l'ensemble. Ceci est d'autant plus important dans la mesure qui précéde un obachi puisqu'invariablement le tempo ralenti sur le dernier temps de cette mesure pour retourner a tempo sur le obachi.

Hazusu in Ichikotsuchō Tataku in Ichikotsuchō

L'Exemple 4 montre l'accompagnement du biwa pour la partie du hichiriki, jouant en hauteur de concert la mélodie pour les sections B et C d'Etenraku. La structure de la phrase se compose de quatre mesures de quatre temps, chaque section étant composée de deux phrases. La pièce est en mode Hyō-jō (E dorien), et la mélodie de base se concentre sur les notes E, B et A—trois des quatre notes fondamentales des modes japonais.

L'Exemple 4 démontre comment le biwa utilise divers motifs pour colorer certaines notes mélodiques. Il montre le motif standard d'une mesure du biwa, qui est un arpège qui commence toujours par la première corde (la plus basse) et remonte vers la deuxième, la troisième ou la quatrième corde. En règle générale, les cordes inférieures de l'arpège sont à vide, comme indiqué par le '0' dans l'Exemple 4, tandis que la dernière corde frappée peut être soit à vide, soit pincée (les nombres 1 à 4 se réfèrent aux doigts de la main gauche, de l'index au quatrième doigt, respectivement). Considérant que la note la plus haute et la dernière de l'arpège du biwa est considérée comme sa note mélodique, on peut voir que la note mélodique du biwa double essentiellement la note mélodique de base sur le temps fort de chaque mesure. Le seul mouvement de frappe utilisé dans cet exemple est kakubachi, mais il inclut également des exemples de hazusu et tataku.

L'extrait est interprété par l'ensemble Reigakusha.

Exemple 4

Nouvelles techniques d'interprétation

Frottage des cordes: Le plectre est utilisé pour frotter une corde ouverte.

Exemple 5

Frappez le coprs de l'instrument: Le plectre est utilisé pour frapper la partie noire et protégée sur le devant de l'instrument. Le son varie selon l'endroit où la surface de l'instrument est frappée, la tenue du plectre, ou encore la partie du plectre utilisée. NAKAMURA Kahoru, la musicienne avec laquelle nous avons travaillé à improviser dix différentes sonorités sur le motif rythmique de l'Exemple 6.

Exemple 6

Harmoniques: Le 2ième, 3ième, et 4ième harmonique des cordes ouvertes peut être produit en pincant la corde avec le plectre ou le doigt. Dans les deux cas, la projection du son est limitée.

Harmonique, corde pincée avec le doigt

Harmonique, corde pincée avec le plectre

Exemple 7